SALAUDS !

La chronique d'Hector Plasma
Eh ben, c’est rigolo les JO. Cet événement incontournable et planétaire… Ces grandes agapes du sport...
Après les histoires de la flamme et au moment de l’ouverture les masques tombent
enfin. Le CIO, cette respectable et prestigieuse instance, donne son aval
à la censure. On ne pourra pas, non, en Chine, pendant
la grande compétition, se rendre sur la toile à son bon gré. De même qu’en
Chine, pendant 15
jours, il sera encore bien plus difficile qu’à l’ordinaire
aux chinois dont les voix ne donnent pas dans le ton d’essayer de se faire
entendre.
Marrant ? Non ? La Chine pourtant l’avait promis : il fallait
se calmer, penser aux droits de l’homme, ou au moins faire semblant. Le
CIO devait
bien y compter. Seulement voilà : non. Il ne faut pas gâcher
la fête. Les droits de l’homme c’est bien joli mais quoi ! On parle des
jeux olympiques là, vous savez ; les sponsors, et tous ces droits télé…
Faudrait pas que ça nous gâche tout ça ! Ca ferait du manque à gagner
! Alors… Le CIO finalement… Les
chinois oui, pourront brider la toile. Des fois qu’un journaliste mal
intentionné… Le CIO ? Vous trouvez pas ça gros vous ? Même
nous je crois on n’aurait pas fait ça si les jeux avaient été là. Franchement
ça nous fait rigoler. C’est comme le tour de France : y’a
plus que les journalistes qui y croient. Pour le reste, au moins on sait
une chose
: le CIO, c’est des salauds !
Jack London
CE QUE LA VIE SIGNIFIE POUR MOI - Sillage -
46 pages - 6 €
Quel est donc le sens de la vie pour Jack London ? Quel est son idéal ? Ce sont à ces questions auxquelles ce court texte de l’auteur de « Croc blanc » répond. Sous forme d’une confession qui va à l’essentiel, c’est un texte original…
Jack London n’est pas bien né. Il en prend vite conscience et son premier désir
est de s’élever « dans l’édifice colossal de la société. » Tour à tour,
Jack London se fait crieur de journaux, pilleurs d’huîtres, matelot, débardeur,
manoeuvres… Puis vagabond. Toujours dans « la cave de la société », London
découvre alors que « le cerveau est une marchandise comme les autres.
» Il décide donc de se servir du sien et découvre qu’il est « socialiste.
» Il connaît alors plus de succès. La société lui ouvre enfin ses portes.
Mais à nouveau il rencontre la désillusion et s’aperçoit qu’il n’aime
pas vivre « à l’étage du salon de la société », préférant plutôt retourner
à la classe ouvrière.
Pétri d’ironie, de dérision, d’humour et d’amertume,
ce texte, pour court qu’il soit, est l’étonnante synthèse de l’expérience
d’un homme dont l’esprit exigeant et lucide n’accepte
pas l’ordre que
l’homme a assigné au monde. Jack London ne se sent nulle
part à sa place. Il n’aime pas la duperie et l’hypocrisie. La comédie
humaine ne lui inspire
que du dégoût. Si bien qu’il en conclut qu’il est préférable
d’en rester à l’écart.
Réquisitoire cinglant établi à l’adresse du monde des
hommes, ce sont des pages qu’il convient de découvrir,
« une vision », au bout
de laquelle Jack London livre ce que signifie pour
lui la vie : « aspirer à un temps où l’homme aura une
perspective plus haute
et plus vaste que
son ventre. »
Dans une belle édition, augmentée d’une notice bibliographique
qui met en relief le reste du livre par ailleurs servi
par une préface intelligente de Francis
Combe, ce texte,
enfin réédité, reste étonnamment
moderne.
Stéphane Esserbé
CE QUE J'AIME (à la plage) par Jean-René Godule
Le grand retour de Jean-René Godule...
Ce que j’aime à la plage, ce sont les cris. L’été en vacances, une journée au
soleil au bord de l’eau est remplie de clameur, et ce grand
brouhaha m’émeut. C’est plus ce genre de bains que j’apprécie.
J’y touche à l’infini. Immobile, allongé, somnolent… Cette minute
m’emporte, m’isole du monde. Elle gronde, m’encercle, m’emmène
au large. A ce moment il me semble que tout s’arrête et que
la vie éclate. Une explosion. Quel bain étrange ! Perdue sous
la lumière une musique me berce. J’y trouve une place bien que
je reste muet. Je suis là et c’est bon. Ce que je suis ? Je
ne saurais le dire. Il me semble… Quelque chose de plus grand
que moi. Un autre. Mais plus moi que moi-même.
Il m’arrive des murmures, et le vent qui me frôle me
livre ses messages. C’est ce que je préfère. La joie est
si palpable. C’est le rire du grand monde. La
plage n’est plus qu’un grand sourire. Et ses éclats me grisent. Je suis au
cœur de l’existence. J’en éprouve toutes les vibrations.
Je me donne. Je sens l’oubli.
Et c’est ce qui me touche. Ce pourquoi cette minute est si étrange. Quelque
chose de plus fort que moi. Mon corps est plus léger. Et
mon esprit…
![]()
La citation de la semaine
"La visibilité de la fin de l'Occident a une date de naissance : le 6 juin 1944, lorsque les Américains débarquent sur les plages de Normandie prétexant un amour effréné de la liberté qui les condusait à sacrifier leurs soldats, alors qu'ils se contentent de résoudre sur le terrain européen le problème posé par Hitler qui leur a déclaré la guerre."
Michel Onfray - "La philosophie féroce"
![]()
Bonne semaine !
[F.A.Q.|Mentions légales|Contacts|lenonsens|Liens|Plan du site]
